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Quand la justice italienne punit les odeurs de friture

La Cour suprême de cassation a condamné un couple accusé par ses voisins de « harcèlement olfactif ».

Adieu la mozzarella in carrozza maison.

Un couple d'Italiens vient de ramasser une amende de 2 000 euros. Une décision prise par la Cour suprême de cassation à Rome après plusieurs années de débats devant les tribunaux et une plainte déposées par les voisins pour des odeurs « persistantes et nauséabondes ».

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Les voisins peuvent être parfois de gros lourds. Il y a ceux qui balancent cendres et mégots sur votre rebord de fenêtre. Celle relou qui vient sonner dès que vous mettez le son de votre ordinateur après 22 heures. Ceux qui se réveillent bien avant vous en écoutant RMC et collent vraisemblablement la radio contre le mur mitoyen de votre chambre. Et cette colocation qui se transforme tous les lundis en BDE passant de la minimale jusqu'au petit matin.

À Monfalcone, une ville du nord-est de l'Italie, les voisins ont jugé que le comportement du couple habitant au rez-de-chaussée dépassait les bornes. Leur tort n'est pas d'avoir oublié de trier les déchets ou d'avoir garé un vélo dans la cage d'escalier. Que nenni. Le problème vient de leur cuisine jugée beaucoup trop odorante.

Les voisins incommodés ont donc saisi les tribunaux, expliquant ne plus pouvoir supporter les émanations envahissantes de friture (et notamment de fritto misto, des produits de la mer frits). Le fumet arrivait par vagues régulières jusque dans leurs appartements. Un des habitants confie au Times : « L'immeuble était imprégné de l'odeur de sauce, de pâtes et d'aliments grillés – on aurait dit que leur cuisine était dans mon salon ».

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La décision du juge a été prise après un long combat entre le couple et ses voisins. Le « crime » a été débattu au niveau local et régional avant d'atterrir devant la plus haute instance judiciaire italienne. Le juge a rappelé qu'un expert, engagé par les voisins, avait retracé la provenance des odeurs jusqu'à un système de ventilation connecté à l'aération située à l'étage du couple.

La Repubblica rappelle que les cas de plaintes sont légion – environ un million par an – et que ce « harcèlement olfactif » pourrait faire jurisprudence et bien emmerdé les restaurants de la Botte.