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Le gouvernement allemand veut bannir la viande des repas officiels

La ministre de l'Environnement défend sa proposition en soulignant que la cuisine végétarienne a un coût écologique beaucoup moins élevé que la barbaque.

Avant n'importe quelle élection, les faits et gestes des candidats sont évidemment scrutés à la loupe. Et leurs habitudes alimentaires ne font pas exception. Elles deviennent même généralement matière à interprétation. L'obsession de Donald Trump pour la junk food paraît aujourd'hui terriblement prémonitoire puisque le président américain ne fait qu'obéir à l'agenda politique des géants de l'agro-alimentaire depuis le début de son mandat.

De ce côté de l'Atlantique, c'est la célébration de la victoire au Fouquet's qui laissera une marque indélébile dans le quinquennat de Nicolas Sarkozy et un sandwich au bacon bien fat qui signera la fin des ambitions d'Ed Miliband.

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En Allemagne, les élections fédérales ont lieu dans quelques mois mais déjà, la bouffe a pris des accents de campagne politique. Au centre des débats, la nourriture végétarienne qui entraverait le droit de chaque citoyen à jouir de son repas librement.

L'embrouille a éclaté au sein de la coalition gouvernementale formée par le SPD (le Parti social-démocrate) et le CDU (l'Union chrétienne-démocrate). Barbara Henricks, ministre de l'Environnement et membre du SDP, a mis le feu aux poudres en annonçant que la viande et le poisson seraient interdits lors des prochains événements officiels.

La ministre a justifié cette conversion forcée en évoquant le coût écologique astronomique de la production intensive de viande mais comme on pouvait s'en douter, au pays du currywurst et du schnitzel, cette décision n'a pas été super bien accueillie.

Un communiqué du ministère de l'Environnement rappelle que cette décision ne concerne que les repas officiels et que ce n'est en aucun cas une tentative de convertir les masses

Des représentants du CDU se sont même servis de cette mesure pour affirmer tenir la preuve qu'en cas de victoire aux futures élections législatives, le SPD se mêlerait de la vie privée des citoyens allemands. Selon le Daily Telegraph, l'actuel ministre de l'Alimentation, Christian Schmidt, aurait envoyé : « On ne me fera pas avaler ce Veggie Day. Je soutiens la diversité et la liberté de choix, pas l'idéologie et l'infantilisme. »

Un communiqué du ministère de l'Environnement rappelle que cette décision ne concerne que les repas officiels et que ce n'est en aucun cas une tentative de convertir les masses : « Nous voulons simplement montrer l'exemple en matière d'engagement écologique et la cuisine végétarienne affecte moins le changement climatique que la consommation de viande ou de poisson. »

Là-dessus, le CDU a contre-attaqué en traitant Hendricks et le SDP d'hypocrites puisque les cantines du gouvernement serviraient encore de la viande et du poisson.

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Ce n'est pas la première fois que le végétarisme défraie la chronique et s'immisce dans la vie politique allemande. Plus tôt dans l'année, Schmidt s'était déjà illustré en déclarant vouloir interdire les saucisses vegan sous prétexte que leur nom, faisant référence à un produit carné, portait trop à confusion.

Il faut se ressaisir, les mecs. Il y a peut-être des questions plus urgentes à débattre que de savoir si vous préférez votre risotto avec de la pancetta ou des champignons.