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L’île qui avait décidé d’interdire la malbouffe

Torba, une province de Vanuatu dans le Pacifique sud, veut bannir l’importation de junk-food occidentale pour encourager ses habitants à faire pousser du bio.

Torba est l'une des six provinces de la République du Vanuatu, une nation composée d'environ 80 îles dans le Pacifique sud. Si vous êtes capable de tenir plus de 30 heures d'avion, vous aurez la chance d'y buller, entouré de fruits tropicaux ou de produit de la mer. Par contre, vous pouvez déjà faire une croix sur les pots de Ben & Jerry's les pieds dans le sable : Torba veut bannir la bouffe occidentale de ses îles.

La semaine dernière, le Père Luc Dini, président du Torba Tourism Council, a annoncé dans le Guardian que la province n'allait plus importer de junk-food en provenance de l'étranger. Fini les conneries. L'idée est d'encourager la dizaine de milliers d'habitants à consommer des produits locaux. Torba espère devenir la première province autosuffisante de l'archipel.

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Dans un communiqué, Dini a expliqué qu'au-delà des sucreries, l'interdiction porterait aussi sur le riz, les pâtes et le poisson ou la viande en conserve. Il a ajouté que Torba possédait suffisamment de ressources – poisson, fruit de mer, taro, igname ou paw paw – pour que la population puisse manger et nourrir les touristes. Aucune indication claire n'a été donnée sur le sort réservé à l'importation d'alcool.

Torba Junk Food Interdiction

L'interdiction est aussi motivée par la volonté de Dini de protéger la santé des habitants de Torba. Ce dernier assure que la malbouffe a un impact préjudiciable sur les autres îles du Vanuatu. Cité par le Guardian, Dini raconte : « Dans les autres provinces qui ont adopté des régimes alimentaires occidentaux, vous voyez des jolies jeunes filles qui, quand elles sourient, ont les dents pourries par le sucre. Nous ne voulons pas voir ce genre de choses ici et nous ne voulons pas que les maladies liées au mode de vie occidental se développent aussi. »

Dini ajoute : « C'est facile de faire bouillir de l'eau pour du riz ou des pâtes mais ces aliments n'ont presque aucune valeur nutritive. Nous n'avons pas besoin de nous reposer sur autant d'importations quand nous avons autant de produits qui poussent naturellement sur nos îles. »

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En plus de ces nouvelles restrictions sur les importations, le Torba Tourism Council a dévoilé son ambition de passer à la culture biologique à 100 % en 2020. Cette initiative rappelle celle du Bhoutan, pays situé à l'est de l'Himalaya, qui n'utilise plus de produits chimiques dans son agriculture depuis 2011 – le but étant de se débarrasser des pesticides et des fertilisants.

« Si vous voulez vraiment vivre dans votre paradis, alors il faut essayer de le faire en adéquation avec ce que vous offre la nature », conclut Dini. Et tant pis pour les Calippos sur la plage.