Les huîtres sont la nouvelle arme secrète de l’armée américaine

Les bivalves pourraient faire économiser des millions de dollars à l'US Army chaque année.

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janv. 9 2018, 2:26pm

Cet article a été initialement publié sur VICE Québec.

Les bases navales de l’armée américaine ont un sérieux et coûteux problème : la nature. Quand les ouragans surviennent, des équipements sophistiqués sont détruits par les vagues imposantes qu’ils provoquent. Lors de l’ouragan Sandy, la base navale Earle au New Jersey a subi des dommages estimés à près de 50 millions de dollars.

Mais certains endroits ont trouvé un moyen de combattre ces menaces : les huîtres. En Floride, en Caroline du Sud et en Virginie, des récifs d’huîtres protègent des bases navales importantes, et d’autres comptent emboîter le pas.

Les huîtres qui sont cultivées autour de ces bases navales, ainsi qu’à des centaines d’autres endroits dans le monde, ne sont pas destinées à la consommation. Leur but est simplement de protéger des structures contre le gré des marées et des vents. « Une structure dure et solide comme un récif d’huîtres absorbe une partie de l’énergie des vagues », explique Bill Addison, porte-parole de la base navale d’Earle à l’Associated Press. « Tous les tuyaux et les câbles qui sont sur le quai en ce moment avaient été emportés lorsque la base a été inondée [lors de l’Ouragan Sandy] », poursuit-il, ajoutant que les huîtres ne protégeront de tous les dangers, mais qu’elles « contribueront considérablement à protéger la base, le complexe militaire et les villes environnantes ».

Dans le New Jersey, des récifs d’huîtres sont aussi installés dans des eaux polluées, car en plus de ralentir les vagues, elles aident à purifier l’eau. Plusieurs experts s’entendent pour dire qu’il est préférable et moins coûteux de « planter des huîtres » que de construire des barrages de métal ou de bois, d’après l’Associated Press. Étant donné que les récifs continuent de croître et comptent de nombreuses ouvertures, l’énergie des vagues se dissipe et se diffuse afin de passer entre les crevasses. Ils seraient donc jusqu’à 93 % plus efficaces que des barrières artificielles.

Le gouvernement américain a donc décidé en juin dernier de financer l’installation de récifs d’huîtres et de structures marines vivantes autour de villes côtières partout au pays, à raison de 100 millions de dollars pour cinq ans.

Bien entendu, ces huîtres ne pourront pas êtres vendues et cuisinées, mais, si les bonnes espèces sont plantées, l’armée américaine pourrait envisager de lancer une side business de perles de contrebande.

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