Internet soupçonne Pamela Anderson d'avoir empoisonné Julian Assange dans une ambassade avec un sandwich vegan

Mieux qu'une partie de Cluedo.

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oct. 19 2016, 5:00am

Attachez bien vos ceintures et préparez-vous à vous faire aspirer par la dernière théorie du complot cheloue. Au programme de cette partie de Cluedo géante : une ancienne top model Playboy dans le rôle de l'assasin, le cyber-dissident emmuré de WikiLeaks dans celui de la victime et un plat de nourriture vegan de la chaîne de restauration Pret A Manger comme arme du crime.

Ouais, c'est assez salé, mais on va tout vous expliquer.

En fait, tout part de la dernière fuite WikiLeaks qui révèle le contenu de plus de 15 256 emails échangés par les différents membres de l'équipe de campagne d'Hilary Clinton. Alors que le monde entier a les yeux braqués sur cette affaire – qui dévoile, entre autres, les liens assez conciliants qu'entretient en réalité la candidate à l'élection présidentielle avec les financiers de Wall Street – tout le monde s'est étonné du sabotage soudain de la connexion internet de Julian Assange qui, rappelons-le, est astreint à résidence dans l'ambassade d'Equateur, à Londres.

Et soudain, une rumeur folle enflamme Internet : Et si Pamela Anderson – remember Barb Wire et Alerte à Malibu – avait voulu empoisonner, et peut-être même réussi à assassiner, Julian Assange à l'aide d'un plat vegan à emporter de chez Pret A Manger ?

« Traduction : Je ne dis pas que "Julian Assange vient d'être assassiné par Pamela Anderson à l'aide d'un sandwich vegan empoisonné". Je dis juste que c'est ce que d'autres personnes affirment. »

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La rumeur a pris corps après la visite que l'actrice a rendu à Assange le week-end dernier, au sein de sa résidence très surveillée de l'ambassade de l'Equateur où il vit reclus depuis 2012. Car juste après le coucou de Pamela – coïncidence ou non – la connexion internet d'Assange a été endommagée en même temps qu'une série de tweets pour le moins cryptiques, que certains ont identifié comme étant des codes d'urgences, ont été émis par le plus célèbre des lanceurs d'alertes.

« Traduction : La connexion internet de Julian Assange a été volontairement endommagée par une entité inconnue. Nous avons activé le plan d'urgence approprié. »

« Traduction : Nous avons activé le plan d'urgence approprié » : c'est bon, vous pouvez lancer le générique du theme d'X-Files, on va rentrer dans les détails.

Voilà comment l'histoire s'est dénouée. Samedi 15 octobre, celle que l'on appellera désormais Pam a été vue en train de trimballer deux sacs estampillés de la chaîne de sandwichs anglaise alors qu'elle se rendait à son rendez-vous prévu de longue date avec Julian Assange, à l'ambassade d'Equateur. Pour rappel, M. Assange s'est en quelque sorte réfugié ici pour éviter d'être entendu dans l'enquête pour viol qui a été ouverte à son encontre dans son pays natal, en Suède – Assange récuse tout en bloc, l'Équateur affirme lui apporter son soutien et les Nation Unies considèrent qu'il est lui même « détenu arbitrairement » ici depuis 4 ans.

Vous suivez ? C'est là que ça devient intéressant.

Donc ce jour-là, Pam, qui est connue pour défendre la cause animale, a déclaré avoir simplement voulu apporter à Assange un « bon petit plat vegan ». Selon elle, il aurait affirmé qu'elle « l'aurait torturé en lui apportant ainsi de la nourriture vegan ». Enfin, voici les propos qu'elle a tenu à la UK Press Association : « Je crois vraiment en lui et je pense que c'est une bonne personne. Je me préoccupe pour sa santé, sa famille et j'espère simplement qu'il pourra un jour qu'un miracle pourra lui permettre de retrouver sa liberté. »

Vous en jugerez par vous-même mais bon, c'est pas vraiment le genre de discours qu'une empoisonneuse-au-plat-vegan tiendrait si elle était coupable, non ? Quoique –pas facile de se mettre dans la tête d'une empoisonneuse-au-plat-vegan, tous comptes faits.

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Quoiqu'il en soit, certaines sources affirment quant à elles que la coupure de connexion de M. Assange a été due à la visite du Secrétaire d'État américain, John Kerry, au ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni, Boris Johnson. Une visite qui avait lieu au même moment.

À l'heure où nous écrivons ces lignes, très peu de détails sur la rencontre entre Pam et Assange ont fuité. De son côté, Vivienne Westwood, la créatrice de mode britannique qui à l'origine, était censée accompagner Pamela Anderson chez Assange ce jour-là, a déclaré à propos d'Anderson : « Après son rendez-vous, elle m'a dit qu'ils s'étaient très bien entendus et que Julian était vraiment génial. » Elle ajoute : « Pamela essaie de venir en aide aux gens avec sa nouvelle fondation et il lui a donné quelques idées pour mener tout ça à bien. »

Ah. Est-ce que Pam est venue discuter de sa fondation... ou est-elle venue pour l'empoisonner en cachette, hein ? Évidemment, si vous demandez à Internet, tout le monde est persuadé qu'elle était là pour le buter.

«Traduction : Pam Anderson a tué Julian Assange en l'empoisonnant après qu'Hilary Clinton l'a fait chanté »

«Traduction : Ne croyez pas les sources non vérifiées qui disent qu'Assange est vivant. La machine Clinton est capable de remplacer un corps par un autre. ARRÊTEZ ANDERSON MAINTENANT. »

«Traduction : Est-ce que Pam Anderson a empoisonné Assange ? Ne faites jamais confiance à un repas vegan ! »

La morale ? Aucune faute de goût ne reste jamais impunie sur Internet, Pamela Anderson. La prochaine fois, au lieu de tracer dans une chaîne de restauration rapide, prends 5 minutes pour faire un casse-dalle à la hauteur de l'évènement – genre un bon gros burger vegan.

Bon, le fin mot de l'histoire, vous le voulez ? Le 19 octobre, un article du Monde nous apprend que l'ambassade d'Équateur admet finalement avoir volontairement restreint l'accès Internet de Julian Assange. Quant à Assange lui-même, tout roule : toujours vivant et aucun problème de transit à déclarer.