© Liz Renstrom

J'ai testé toutes les alternatives aux pailles en plastique

Histoire d'avoir un coup d'avance le jour où la guerre contre le plastoc sera déclarée.

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nov. 9 2018, 4:41pm

© Liz Renstrom

Seattle est devenu la première ville des États-Unis à interdire les pailles en plastique. Peu après, Starbucks a annoncé qu’il allait également retirer celles à usage unique de ses points de vente d’ici 2020 – visiblement pour tenter de conserver son statut de chaîne la plus « woke » du monde.

Les États-Unis consomment chaque jour plus de pailles qu’il n’y a d’habitants dans le pays – mais genre des centaines de millions de plus. Il est donc plutôt positif de constater que les gens prennent progressivement conscience que les pailles en plastoc sont mauvaises pour l’environnement.

(Tout comme leur interdiction pourrait être un problème pour une partie de la population qui ne peut vivre sans – « Les personnes handicapées ont assez de problèmes au quotidien pour ne pas avoir, en plus, à se demander où est-ce qu’elles vont pouvoir trouver la bonne paille pour boire leur verre », expliquait un militant pour le droit des personnes handicapées à K5 News, à Seattle.)

Pourtant, nonobstant tout le mal qu’elles représentent, j’ai une certaine tendresse pour les pailles en plastique jetables. Que ce soit ma troisième canette de boisson énergisante de la journée ou un verre de chocolat au lait, quand je bois, j’utilise une paille. À quelques exceptions près ; l’eau plate, l’eau gazeuse, le café chaud et la bière sans alcool.

Quelle alternative à ce formidable outil me demandais-je ? Allais-je coller mes lèvres directement sur le rebord du verre, au risque de m’en mettre partout sur la tronche ? Allais-je opter pour la paille en carton, quitte à la voir se désintégrer progressivement dans mon verre ? Allais-je batailler avec un tube en inox et dire à adieu à mes plombages ?

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J’ai appris à considérer les pailles en plastoc comme un danger potentiel le jour où Adrian Grenier s’est entretenu avec un journaliste du New York Magazine au sujet de l’impact qu’elles avaient sur l’environnement. « On consomme 500 millions de pailles par jour. L’équivalent de 127 bus de ramassage scolaire remplis de pailles. C’est dégoûtant », déclarait la star de la série Entourage, en 2016. « Il devrait y avoir des gamins dans ces bus, qui vont à l’école pour apprendre. Pas des pailles. » (T’as raison, mec.)

Je ne suis absolument pas fière de l’utilisation systématique que je fais des pailles – comme l’écrivait Ian Burke pour MUNCHIES, les pailles « tuent des poissons, et plus généralement, font de la vie marine un véritable enfer ». Moi j’adore les poissons.

Chaque jour, le consommateur américain moyen apporte sa pierre à l’édifice de destruction de la nature. Que ce soit en conduisant un véhicule propulsé par une énergie fossile, en utilisant un tampon, en ne débranchant pas les appareils électriques qu’il n’est pas en train d’utiliser ou en mangeant des produits qui ont été importés de l’autre bout du monde.

Je me dis souvent qu’à mon échelle, il n’y a pas grand-chose que je puisse faire pour inverser ce galop vers l’apocalypse. Mais depuis que les « éco-extrémistes » de Seattle et de Starbucks ont lancé leur campagne contre la paille en plastique en Amérique – et ma ville, ma maison, New York, contemple également la possibilité d’en interdire son utilisation – je ne peux plus fermer les yeux sur ma consommation personnelle.

Les faits sont là. Alors j’ai décidé de tester toutes les alternatives sur lesquelles j’ai réussi à mettre la main. Pour voir si l’une d’elles allait pouvoir remplacer la paille tant aimée, auxiliaire parfait s’il n’était pas aussi générateur de déchets.

Voici mon classement :

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6. La paille en carton

Si l’on doit interdire les pailles en plastique à usage unique, on devrait en faire autant de ces pailles en carton. Celui qui a inventé ce truc devrait être poursuivi pour crime contre l’Humanité devant le Tribunal de La Haye. Sa paille se décompose beaucoup trop vite et, niveau texture, c’est dégueu. En plus, elle donne un goût de papier humide à la boisson. Blasphème.

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5. La paille en inox

Je trouve cette paille absolument horrible. La sensation qu’elle provoque sur mes dents est pire qu'atroce. Ce goût métallique qui me reste en bouche. Immonde ! En plus, la paille est froide. Vraiment que du négatif. Lorsque je l’ai testée, j’ai baissé la tête vers mon verre de Guayaki Yerba Mate Sparkling Classic Gold, la boisson énergisante dont je suis accro, et ma bouche a raté de peu le tube métallique qui est venu embarquer mon chewing-gum, pour finir sa course en cognant sur l’une de mes dents. Pour faire court, c’est un truc super dangereux. En plus, la paille n’a pas cette texture douce et molle qui rend celle en plastique « bienveillante ». On ne peut pas la mâchouiller. Et soyons honnêtes, qu’y a-t-il de plus agréable que de mâchouiller une paille ? (C’est une question rhétorique).

4. La paille compostable

Cette paille, vaguement « fabriquée à partir de plantes », ressemble physiquement à une paille en carton. Elle a un étrange goût de papier, mais contrairement à sa cousine qui se désagrège ultra rapidement, celle-ci conserve sa structure pendant suffisamment de temps pour que je puisse finir ma boisson. Elle ne pervertit pas son goût de manière aussi intense. C’est une paille relativement nulle, mais pas aussi nulle que la paille en carton ou celle en inox.

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3. La paille en plastique réutilisable

Cette paille est, grosso modo, la version en dur de la paille en plastique classique. Consommer une boisson n’est pas aussi agréable qu'avec la classique, mais ça reste acceptable. J’aurais vraiment aimé qu’elle soit un peu plus pliable. Cela dit, elle reste une alternative adéquate, bien que moins sympa, à la compagne de tous mes verres. Je me demande cependant si le fait de remplacer des pailles en plastique jetables par des pailles en plastique réutilisables va vraiment sauver le monde de la paille-pocalipse.

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2. La paille en silicone

Quand j’ai acheté cette paille, la caissière du magasin écologique m’a dit que si, un jour, je souhaitais m’en débarrasser, je n’avais qu’à la brûler. Elle m’a dit que la paille se consumerait. Si je reste dubitative face à cette idée – brûler de la silicone semble, intuitivement, être une mauvaise idée – je n’ai pas souhaité essayer, parce que, au fond, je m’en fous. Cette paille a un niveau de pliabilité qui la rend très agréable à utiliser, et on peut la mâchouiller autant qu’on veut.

Mais utiliser une paille en silicone vous donne l’impression de redevenir un bébé qui utilise un biberon ou un de ces gobelets pour jeunes enfants. Bref, à chaque aspiration, je retournais un peu plus en enfance, revoyant l’enfant intérieur qui flotte au premier rang de ma psyché. Le côté négatif, c’est qu’il faut aspirer vachement plus fort qu’avec tout autre type de paille. Mais ça fera un peu d’entraînement pour certains de vos muscles. Non ?

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1. La paille en plastique jetable (la source du Mal)

Si les gens aiment tant ce fléau écologique, il y a bien une raison : c'est parce qu'elle est supérieurement géniale et bien plus agréable que toutes les autres pailles. Son côté pliable, qui lui confère une fragilité unique, en fait aussi l’ustensile idéal pour boire. C’est mal, oui, mais c’est tellement bon. Et je ne peux pas lutter, à moins de tourner le dos à mes penchants hédonistes et de faire ce qui est bon pour le monde.


Cet article a été préalablement publié sur MUNCHIES US

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