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Elle offre un cheesecake empoisonné à son sosie pour lui voler son identité

Un fait divers comme on les aime : deux femmes qui se ressemblent et un bon gros gâteau blindé de tranquillisants.

ParMayukh Sentraduit parSandra Proutry-Skrzypek

Photo via Wikimedia Commons

En août 2016, à Forest Hills dans le Queens, Viktoria Nasyrova se rend chez son amie Olga Tsvyk avec un cheesecake fait maison et la ferme intention de lui voler son identité.

Il faut dire que les deux femmes se ressemblent pas mal. En plus d’être d’origine russe, elles ont toutes les deux le teint légèrement hâlé et les cheveux noirs. Quelques années seulement les séparent – Viktoria a 42 ans, Olga en a 35. On pourrait croire qu’elles sont sœurs. Voire jumelles.

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Une ressemblance qui a visiblement inspiré Nasyrova. La plus âgée des deux protagonistes se pointe donc ce jour-là chez la cadette avec un gâteau en apparence inoffensif mais qui s’avère n’être qu’un rouage de son plan machiavélique.

« Une habitante de Brooklyn arrêtée pour avoir tenté d’empoisonner son amie avec un cheesecake afin de lui usurper son identité », peut-on lire en Une du New York Daily News. Nasyrova y est décrite comme une « séductrice russe » jouissant d'une existence luxueuse parsemée de fourrures et de bijoux. Elle a depuis été mise en accusation par un grand jury du Queens pour tentative de meurtre, cambriolage, agression et mise en danger de la vie d’autrui.

Le cheesecake que Nasyrova a donné à Tsvyk en ce jour fatidique contenait en réalité un tranquillisant russe connu sous le nom de phénazépam - potentiellement mortel en cas d’ingestion. Peu après l’avoir goûté, Tsvyk a commencé à se sentir mal et a perdu connaissance. Le lendemain, une amie inquiète l’a trouvée inconsciente dans son lit jonché de médicaments, vêtue de lingerie, comme si elle avait tenté de se suicider.

Les analyses effectuées par le département de la Sécurité intérieure des États-Unis ont déterminé que le cheesecake et les pilules contenaient des traces de phénazépam. Tsvyk a été conduite à l'hôpital. Elle a raconté à la police que la dernière image dont elle se souvenait était le visage de Nasyrova planant au-dessus d’elle. En rentrant de l'hôpital, elle s’est rendu compte que certains de ses biens les plus importants – passeport, permis de travail, bague en or, argent en liquide – avaient disparu.

« L’accusée a mis dans son cheesecake une drogue russe et l'a offert à sa victime qui ne s’est pas méfiée. »

Ces objets n’ont été retrouvés qu’un an plus tard, lorsque les autorités ont arrêté Nasyrova qui, depuis mars 2017, est incarcérée dans la prison de Rikers Island. Elle aurait par ailleurs été brutalement battue par ses codétenues toujours selon le Daily News.

Avant sa tentative de meurtre par cheesecake, Nasyrova s'était visiblement fait la main en Russie où elle était recherchée pour avoir brutalement assassiné une femme de 54 ans - puis séduit l’inspecteur chargé de l'affaire et pris la fuite (true story). Nasyrova est également soupçonnée, selon un article du New York Post publié en mars dernier, d'avoir assassiné les deux propriétaires de l’appartement dans lequel elle vivait en Russie, d’avoir drogué et escroqué des hommes rencontrés sur des sites de rencontres, d’avoir commis des vols à l’étalage et délivré des faux diplômes ou certificats.

« Il s’agit d’un crime étrange et tordu qui aurait pu entraîner la mort d'une résidente du Queens, dont le seul tort était qu'elle partageait des caractéristiques physiques similaires à celle de l’accusée », a déclaré Richard Brown, procureur du district du Queens, à Pix11. « L’accusée a mis dans son cheesecake une drogue russe et l'a offert à sa victime qui ne s’est pas méfiée. »

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Brown n'a pas souhaité répondre aux questions de MUNCHIES. Nous n’avons pas réussi à joindre l'avocat de Nasyrova, ni celui Tsvyk. Le premier a refusé de commenter l'affaire à l’Associated Press. Nasyrova doit comparaître devant le tribunal le 25 mai prochain et risque jusqu'à 25 ans de prison.

« Je connais bien cette jeune femme », a-t-elle expliqué auprès de CBS en octobre dernier. Lorsqu'on lui demande si elle a bel et bien tenté de tuer Tsyvk avec son gâteau, elle répond : « Je ne l'ai pas forcée à le manger ».


Cet article a été préalablement publié sur MUNCHIES US.